Les petits Tips de Smaïl

Smaïl Bouabdellah : « La meilleure grille est celle validée par un but à la 96e minute »

Journaliste pour BeIN SPORTS, grand manitou du Total Régal, Smaïl Bouabdellah a des stratégies bien définies au Loto Foot. Entre expérience et instinct, voici comment il pense devant sa grille.

Quels sont vos premiers souvenirs de Loto Foot ?

C’est beaucoup de souvenirs d’enfance. Mon père était un joueur de Loto Foot. Je me rappelle des grilles, des matchs qu’on écoutait à la radio et surtout du « 1N2 ». C’est comme ça que j’ai compris qu’il y avait une équipe à domicile et l’autre à l’extérieur. J’ai compris cette notion à travers les grilles de Loto Foot de mon père. J’étais dans la voiture et il me demandait treize fois « 1 – N -2 ? » parce que c’était treize matchs à l’époque. Et je répondais ce que je pensais. Bon, des fois il devait faire semblant de m’écouter parce que quand je répondais « 2 » à Marseille-Brest, je ne pense pas qu’il cochait la case que je lui disais (rires).

Vous vous souvenez d’un match qui a fait capoter une de ces grilles remplies avec votre père ?

Je me rappelle très bien d’un PSG-Martigues au Parc des Princes. On avait 12 sur 12 avant le début du match. Si Paris gagnait, on faisait le 13 sur 13. Et bien sûr, Paris n’a pas gagné, ils ont fait un match nul. Je me souviens très bien d’un but du milieu de terrain d’un dénommé Bouquet. Bernard Lama s’était fait lober comme un idiot. Voilà, mais le Loto Foot pour moi à cette époque, ce sont surtout des souvenirs de moments partagés, d’émotions… On ne jouait pas pour devenir millionnaire. C’était une occasion de parler de foot, de parler des équipes. Je connaissais Martigues donc, Rodez, Louhans-Cuiseaux...

Et au contraire, vous vous souvenez d’une grille pour laquelle tout s’est bien goupillé ?

Non, on a toujours perdu à cause du dernier match de la journée (rires). J’exagère mais on a souvent cette impression que ça passe à rien du tout. Mon père n’a jamais fait le 13 sur 13 alors qu’il jouait tous les week-ends une grille avec trois doubles et un triple. Mais il est persévérant, il joue encore toutes les semaines. Depuis qu’il s’est mis au Loto Foot 7, il a fait assez souvent le 7 sur 7.

Trois doubles et un triple. Vous avez gardé la même stratégie que votre père ?

Oui bien sûr (rires) ! Trois doubles et un triple quand on joue à 14 matchs, et un double et un triple quand on joue à 7. Il y a toujours une certaine cohérence. En même temps, c’est un truc de famille chez nous, donc on a tous la même stratégie. Aujourd’hui encore, je joue avec mon père, mes oncles et mes cousins. On met deux euros chacun dans une grille chaque week-end. C’est le plaisir de s’appeler, de se dire « tu vois, je t’avais dit qu’ils allaient gagner », ou de se retrouver pour mater le dernier match de la grille. Ce lien social, il est appréciable.

Devant votre grille de Loto Foot, vous cochez à l’instinct ou il y a toute une étude statistique avant chaque match ?

Je réfléchis beaucoup sur chaque match, mais je ne me base pas forcément sur les statistiques. Bon, à part sur des trucs évidents. Par exemple, je ne vais jamais mettre Marseille vainqueur à Bordeaux parce que ça fait plus de 40 ans que ça n’est pas arrivé.

Vous ne vous dîtes pas que c’est la loi des séries et que ça peut s’arrêter à ce moment-là justement ?

Non, je ne me dis pas ça (rires). Ma manière de jouer, je dirai que c’est 30 % de statistiques, 50 % d’actualités, de forces en présence et 20 % d’instinct.

Globalement, vous êtes à l’écoute de l’avis des autres, ou vous ne faites confiance qu’à votre avis personnel ?

On joue toujours à plusieurs, je ne joue pas tout seul. Donc je prends les conseils, je suis obligé de les écouter. Mais on n’a pas le droit de revenir en arrière quand on a rempli la grille. Une fois que c’est fait, c’est qu’on est d’accord. Pas de « ah tu vois je t’avais dit de mettre ça ». Dans ce cas-là, fais ta grille tout seul de ton côté et bonne chance pour faire fortune tout seul (rires).

Votre grille de Loto Foot parfaite ?

Un grille qui passe grâce à un but à la 96e minute, peu importe la manière (rires).